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BRUXELLES, 13 juil 2010 (AFP) OGM: Bruxelles propose la culture à la carte dans l'UE, la France rejette

La Commission européenne a proposé mardi de rendre aux Etats la liberté d'interdire les OGM sur leur territoire pour tenter de débloquer le processus d'autorisation des mises en culture en Europe, mais cette idée à été jugée "inacceptable" par la France.
   "Les mesures adoptées aujourd'hui vont donner aux Etats membres (de l'UE) la liberté de décider", a déclaré le commissaire chargé de la Santé et des Consommateurs, John Dalli.
   Il a pour ambition de réformer les procédures actuelles compliquées d'autorisations. Elles ont abouti à ce que plus aucun feu vert n'a été donné en Europe depuis 1998 pour la culture d'un produit destiné à l'alimentation humaine, alors qu'ils se multiplient en Amérique du Nord et du Sud.
   L'idée est d'une part de rendre aux Etats rétifs la liberté d'interdire ou de limiter chez eux les cultures d'OGM, même si celles-ci font l'objet d'un feu vert européen. En contrepartie, même si elle ne le dit pas publiquement, la Commission espère que les pays opposés cesseront de bloquer les autorisations de mises en culture.
   Ces propositions "ne sont pas acceptables", a déclaré à l'AFP le ministre français de l'Environnement, Jean-Louis Borloo. "J'ai parlé ce matin avec quelques collègues et je peux vous dire que ces propositions ne vont pas avoir un franc succès", a-t-il confié, "ils ont proposé un troc, cela ne marchera pas", a-t-il insisté.
   John Dalli s'est pourtant défendu devant la presse de vouloir forcer la main par ce biais aux gouvernements pour accélérer les autorisations de culture, bloquées depuis douze ans dans l'UE.
   "Il n'est pas question de faire pression pour obtenir davantage de votes positifs et je ne m'attends pas à ce que les gouvernements changent leurs votes simplement parce que nous avons présenté ce paquet", a-t-il affirmé.
   Un seul OGM, le maïs MON 810 de la multinationale américaine Monsanto a été autorisé à la culture en Europe pour l'alimentation, en 1998 et pour dix ans.
Il attend le renouvellement de cette autorisation depuis 2009.
   Bruxelles sait que les adversaires du Monsanto ne sont pas hostiles à tous les OGM. L'Allemagne a ainsi fait pression pour obtenir en mars l'autorisation de cultiver l'Amflora, une pomme de terre transgénique du groupe allemand BASF destinée à un usage exclusivement industriel.
   La France est prête elle aussi à autoriser certains OGM et le gouvernement aide financièrement la recherche dans ce domaine.
   Avec la réforme souhaitée par la Commission, dès qu'un OGM aura obtenu l'autorisation d'être cultivé, les gouvernements pourront décider de l'interdire sur tout ou partie de leur territoire pour des raisons "socio-économiques, éthiques ou morales", a-t-il expliqué.
   John Dalli a reconnu "une aversion massive de la population à l'idée de la culture d'OGM" comme une raison valable de les interdire. Ce qui simplifierait nettement la procédure actuelle pour bloquer une culture, fondée sur une clause de sauvegarde complexe, devant être justifiée par des motifs environnementaux et sanitaires probants.
   Le commissaire n'a toutefois pas pu s'empêcher d'évoquer les motivations financières et économiques sous-jacentes à sa proposition.
   "Les marchés ont besoin de sécurité. Ils ont été perturbés par les mesures de sauvegarde adoptée par certains pays, qui sont des choix arbitraires", a-t-il fait valoir, faisant allusion au refus des six pays d'accepter le maïs de Monsanto.
   Mais les réactions sont pour l'instant toutes réservées ou négatives. La présidence belge de l'UE a estimé que le débat s'annonçait "difficile".
L'écologiste français José Bové, croisé de la lutte anti-OGM, a parlé lui de "marché de dupes".

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PARIS, 12 juil 2010 (AFP) Des traces de 365 pesticides différents dans les fruits et légumes d'Europe

Des résidus de 365 pesticides différents ont été identifiés dans les fruits et légumes consommés en Europe, dont 76 dans les céréales, selon une étude de l'agence européenne pour la sécurité alimentaire (EFSA) communiquée lundi.
   Toutefois, d'après cette étude effectuée selon les nouvelles normes entrées en vigueur mi-2008, seuls 3,5% des échantillons présentaient des traces de pesticides dépassant les limites maximales en résidus (LMR) autorisées.
   "Le rapport montre que 96,5% des échantillons analysés sont conformes aux MRL de persticides autorisés au sein de l'UE", note l'EFSA dans un communiqué accompagnant l'étude.
   Il s'appuie sur plus de 11.000 échantillons de neuf productions différentes (oranges, mandarines, poires, pommes de terre, carottes, concombres, épinards, haricots sans cosse et riz) analysés en 2008 dans les 27 Etats membres (plus l'Islande et la Norvège).
   L'agence relève également que la présence de pesticides est supérieure dans les denrées importées de pays situés hors Union européenne (7,6%) que dans les échantillons produits au sein de l'UE (2,4%).
   Les dépassements des limites autorisées ont surtout concerné les échantillons d'épinards (6,2%), d'oranges (3%), de riz, de concombres, de mandarines, de carottes et de poires.
   Concernant les aliments pour bébé (2.062 échantillons), 76 présentaient des résidus de pesticide dont 4 seulement excédant les normes maximales recommandées.
   Au total, 862 substances ont été recherchées dans les 11.610 échantillons prélevés au hasard "et sans suspicion particulière", précise l'agence.
   Cependant, ajoute-t-elle, les résultats de ce rapport ne peuvent être comparés à ceux de 2007 (publiés l'an dernier), les normes européennes en matière de résidus chimiques dans les aliments ayant été révisées à partir du 1er septembre 2008 afin de les harmoniser entre les Etats.
   Auparavant, chaque pays fixait ses propres normes.
   Les ONG avaient alors jugé que ces nouveaux seuils risquaient surtout d'entraîner une augmentation "spectaculaire" des limites autorisées dans certains pays: en Autriche par exemple, 65% des pesticides utilisés voyaient leur taux maximal augmenter, pour certains jusqu'à 1.000 fois, alors que seuls 4% devaient les voir réduits.

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5 juil 2010 (AFP) : OGM : Bruxelles veut des experts indépendants pour l'évaluation des risques

La Commission européenne a annoncé lundi sa décision de revoir la sélection des experts impliqués dans le processus d'évaluation des risques présentés par les OGM afin de s'assurer de leur complète indépendance.
   "Nous allons développer avec l'EFSA, l'agence pour la sécurité alimentaire, un système de candidatures de scientifiques pour les panels sur les OGM", a expliqué John Dalli, le commissaire à la Santé chargé du dossier des OGM, à l'issue d'une réunion des ministres de la santé de l'UE à Bruxelles.
   "Nous voulons une évaluation de leur indépendance et un audit sera réalisé a posteriori sur toutes les personnes qui ont participé aux panels pour vérifier leur indépendance", a-t-il ajouté. "Nous voulons responsabiliser tous les experts", a insisté M. Dalli.
   "Je ne vois pas de cas de conflits d'interêts au sein de l'EFSA, et je ferai tout pour qu'il n'y en ait pas", a-t-il assuré.
   M. Dalli entend ainsi répondre aux détracteurs de l'EFSA qui accusent les experts chargés d'analyser les risques présentés par les semences OGM d'être liés aux multinationales du secteur.
   "L'EFSA est compétente en matière de sécurité alimentaire, pas pour les questions d'environnement. Ses expertises sont limitées et elles reprennent une bonne part des argumentaires fournis par les entreprises. Or nous voulons une expertise crédible, qui rassure l'opinion publique", explique-t-on de source française.
   Les avis de l'EFSA sont déterminant pour les autorisation de commercialisation et de culture des OGM. Faute de majorité en faveur ou contre, la décision revient en dernier ressort à la Commission et elle est toujours contestée.
   "Je dois prendre des décisions fondées sur des évaluations objectives", a expliqué M. Dalli.
   Deux OGM sont cultivés dans l'UE : le maïs MON 810 de l'américain Monsanto, en attente du renouvellement de son autorisation, et la pomme de terre Amflora du groupe allemand BASF. Plusieurs autres attendent une autorisation et des décisions seront prises à la rentrée, a-t-on appris de source communautaire.
   La Commission européenne va proposer le 13 juillet de rendre aux Etats la liberté d'interdire les cultures d'OGM sur leur territoire pour débloquer le processus d'autorisation.
   La France refuse toutefois ce troc et exige un renforcement des analyses des risques posés par ces semences avant toute autorisation.

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1 juil 2010 (AFP) : L'agriculture bio est bonne pour l'harmonie des insectes et les pommes de terre

L'agriculture bio permet un équilibre entre les différentes espèces d'insectes "nuisibles" vivant dans les cultures, harmonie qui favorise un meilleur développement des pommes de terre, selon une étude publiée mercredi.
    Si le nombre d'espèces composant un écosystème est déterminant pour sa richesse, le subtil équilibre entre ces dernières, en particulier en termes de populations, l'est tout autant, souligne cette étude publiée dans la revue Nature et menée par une équipe d'entomologistes menée par David Crowder de l'université de l'Etat de Washington.
   Les scientifiques ont étudié les insectes vivants au dépend des cultures de pommes de terre, mais également leurs propres prédateurs. Ils se sont concentrés sur le nombre d'individus de chaque espèce dans les différentes parcelles étudiées.
   Les champs soumis aux pesticides étaient souvent déséquilibrés car une espèce finissait par dominer l'écosystème, ses concurrentes ayant été éliminées par l'homme. Certaines représentaient alors jusqu'à 80% de la population totale d'insectes.
   A l'inverse, dans les champs cultivés selon les critères de l'agriculture biologique, la répartition en population des espèces d'insectes était bien plus équilibrée. L'espèce la plus abondante représentait au maximum 38% de la population totale.
   Dans ces parcelles, la densité de "nuisibles" était jusqu'à 18% plus faible et les pommes de terre jusqu'à 35% plus grosses.
   "On pourrait donc compenser la légère baisse de rendement due à l'usage réduit de pesticides dans l'agriculture biologique," expliquent les auteurs.
"Il restera alors à trouver comment rétablir cet équilibre dans les champs hors des conditions de laboratoire".

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29 juin 2010 (AFP) : Ultime vote au Parlement, le Grenelle de l'environnement inscrit dans la loi

Trois ans après le lancement du Grenelle de l'environnement, le Parlement a donné mardi soir son feu vert définitif au projet de loi traduisant les engagements issus de ce processus inédit, mais la déclinaison du texte sur le terrain reste encore largement à faire.
   La loi Grenelle 2 détaille les grands engagements pris dans le Grenelle 1, sur l'isolation des bâtiments, l'agriculture bio, la mobilité urbaine ou encore la protection des espèces et des écosystèmes.
   Après le Sénat lundi, l'Assemblée a donné son feu vert mardi dans la soirée.
   L'opposition -qui avait voté le premier texte mais contre le deuxième- et nombre d'ONG déplorent que le "new deal écologique" annoncé en octobre 2007 par le chef de l'Etat ait perdu beaucoup de son ambition et de son éclat.
   La sénatrice Evelyne Didier (PCF) a regretté une loi qui "n'est pas à la hauteur des attentes", ironisant sur une "boîte à outils qui mérite bien son nom car elle ne nous permettra que de bricoler".
   Au-delà du contenu du texte, les interrogations portent sur sa déclinaison
concrète: selon le ministère, quelque 190 décrets doivent maintenant être rédigés pour assurer sa mise en oeuvre complète.
   La secrétaire d'Etat à l'Ecologie, Chantal Jouanno, reconnaît "un risque évident" de démobilisation. Elle entend d'ailleurs poursuivre à l'automne (Marseille, Lyon...) un "tour de France" entamé il y a plusieurs mois "pour que la population se saisisse du sujet".
   "En France, quand on a voté une loi, on ne s'intéresse absolument pas à sa mise en oeuvre, on a l'impression que le boulot est fait, ce qui, dans le domaine de l'environnement, est encore plus faux qu'ailleurs", met-elle en garde.
   Dans l'univers associatif, où les propos de Nicolas Sarkozy au Salon de l'Agriculture -"l'environnement, ça commence à bien faire"- ont durablement marqué les esprits, on redoute un manque de portage politique au moment de la territorialisation du texte.
   Mesure emblématique de ce Grenelle: les trames verte (sur terre) et bleue (sur l'eau), sorte de maillage d'espaces naturels qui doit permettre le développement des écosystèmes ou le déplacement des espèces, ont subi un coup de rabot de dernière minute.
   Lors des ultimes débats en commission mixte paritaire (sept députés et sept sénateurs chargés d'élaborer un texte de compromis), le vocabulaire a été
changé: les grandes infrastructures (autoroutes et lignes à grande vitesse) n'auront plus à être "compatibles" avec les trames verte et bleue mais se contenter de les "prendre en compte".
   La ligue ROC pour la nature, qui a déploré "ce revers de dernière minute sur l'ambition", tout en jugeant qu'un "vrai pas avait été franchi", rappelle à quel point l'étape suivante sera cruciale, avec l'élaboration d'une cartographie des projets, région par région.
   "On sait que, sur ces sujets, s'il n'y pas une pression politique très forte du ministère, les préfets se soucient de bien d'autres dossiers avant celui de la biodiversité", explique son directeur Christophe Aubel.
   A l'heure des bilans, le ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo, qui a porté le processus de bout en bout, assure que la méthode -rassembler autour d'une même table Etat, collectivités locales, salariés, patronat et ONG- perdure, mettant en exergue les travaux en cours du Grenelle de la Mer.
   "C'est un acquis historique au sens où cela a eu lieu", reconnaît le député Verts Yves Cochet. Cependant, déplore-t-il, une série de décisions ou d'amendements ont "cassé une partie de l'élan" né des groupes de travail de
2007 et le processus s'est "effrité".

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29 juin 2010 (AFP) : Coton transgénique: le Burkina autorise l'essai de nouvelles variétés

Le Burkina Faso, premier producteur de coton d'Afrique subsaharienne, a autorisé la firme américaine Monsanto à tester de nouvelles variétés de coton transgénique, une culture dans laquelle le pays s'est lancé ces dernières années, a-t-on appris mardi de source officielle.
   "Le Comité scientifique national de biosécurité a examiné favorablement les dossiers de demandes d'autorisation formulés par Monsanto pour l'expérimentation de deux nouvelles variétés de coton transgénique pour la campagne 2010-2011", a déclaré la directrice de l'Agence nationale de biosécurité, le Pr Chantal Zoungrana.
   "Les autorisations délivrées sont assorties de conditionnalités de sécurité que la firme bénéficiaire est tenue de respecter sous peine de voir ses autorisations annulées", a-t-elle ajouté lors d'une conférence de presse.
   Selon la généticienne, la première variété vise à "tester la tolérance" à un herbicide et la seconde vise "une protection contre certains insectes".
   Pour mener à bien ces expérimentations, la firme américaine a été autorisée à importer sur le sol burkinabè huit kilos de semences de la première variété et quatre kilos pour la seconde.
   Ces essais qui seront d'abord conduits en milieu confiné se dérouleront dans l'ouest et l'est, principales régions cotonnières du pays.
   Invoquant un problème de rentabilité de la filière cotonnière et des problèmes environnementaux et sanitaires liés à l'utilisation des pesticides, Ouagadougou avait créé la surprise en devenant le premier pays d'Afrique de l'Ouest à autoriser des expérimentations de coton transgénique sur son sol en 2003.
   Le coton génétiquement modifié (CGM) a été finalement vulgarisé en 2007-2008, le pays ensemençant en 2009-2010 jusqu'à 120.OOO hectares de "coton bt".
   Pour la campagne 2010-2011, le Burkina vise l'ensemencement de 80% des surfaces en coton transgénique.

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