Campagne « Développons l’Agriculture Biologique »
La campagne cartes pétitions « Développons l'agriculture biologique », éditée à 120 000 exemplaires, a été initiée par 26 partenaires, dont le réseau Biocoop, pour faire pression sur le président de la république, les agences de l'eau et la FNSAFER (Sociétés d’Aménagement Foncier et d’Établissement Rural), afin de mobiliser les moyens nécessaire pour atteindre 20% d'agriculture bio en 2020.
- Télécharger les cartes pétitions :
Pourquoi cette campagne ?
L’agriculture biologique et bio-dynamique est le mode de production le plus performant face aux dégâts sanitaires et environnementaux avérés des pesticides et de l'agro-industrie. Elle se développe rapidement dans une grande partie du monde, notamment dans les paysanneries vivrières tropicales, et connaît chez nos voisins européens une croissance parfois spectaculaire (*1) – mais la France reste très en retrait.
Une dynamique de conversion bio nécessite des aides stables et des engagements à long terme. Or, plusieurs annonces et décisions récentes témoignent d’une tendance au désengagement de l’État :
- incertitudes sur le crédit d’impôt pour les agriculteurs bio,
- fragilisation des aides à la « conversion à l’agriculture bio » (dispositif annuel au lieu de l’ancien engagement réciproque sur 5 ans),
- baisse du financement des organisations de développement de la bio,
- promotion de la notion ambigüe « d’approvisionnement local » sans prise en compte du mode de production, dans les marchés publics (cantines) et les politiques de soutien,
- décisions en faveur des agricultures chimiques et industrielles (facilitation de l’agrandissement des élevages hors-sol, soutien aux agrocarburants…).
En outre, la réforme en cours de la Politique Agricole Commune ne semble pas favorable à une réelle réorientation environnementale de l’agriculture européenne, et des lois inadaptées aux semences paysannes entravent la mise en oeuvre d’une agronomie écologique.
Par ailleurs, le développement de l’agriculture biologique se heurte à une politique foncière (accès à la terre) qui manque dramatiquement d’ambition et de fermeté. Il est inacceptable que presque chaque départ en retraite d’un paysan se traduise par l’agrandissement d’une exploitation conventionnelle au lieu de servir de support à une installation. Pourtant, les projets ne manquent pas, mais ne disposent pas du soutien politique nécessaire. La difficulté d’accéder au foncier et de maintenir des fermes à tailles humaines est un frein majeur à la mise en oeuvre d’agricultures respectueuses de l’environnement et du tissu rural.
Des actions positives sont pourtant possibles dès maintenant. En particulier, les Agences de l’Eau interviennent pour mettre à disposition des usagers une eau propre à la consommation ; par leur programmation pluriannuelle pour la prévention des pollutions diffuses d’origine agricole, elles peuvent contribuer à construire des dynamiques favorables à la bio dans les territoires les plus sensibles.
*1 - Entre 1999 et 2009, les surfaces bio dans le monde ont été multipliées par 3,5, le nombre de paysans bio a été multiplié par 9 et le marché des produits bio par 4.
Les demandes
En renvoyant les cartes pétitions, les citoyens pourront relayer et amplifier les demandes suivantes :
Au président de la République
- Réorienter les financements agricoles conformément aux objectifs du Grenelle de l’environnement.
- Sécuriser les agriculteurs en conversion et biologiques par des aides tenant compte du nombre d’actifs sur la ferme quelle que soit sa taille, pour ne pas pénaliser les systèmes à faible foncier (maraîchage, apiculture…).
- Garantir un financement suffisant et pérenne aux organisations de développement de l’agriculture biologique et bio-dynamique, dont le travail est essentiel pour assurer la viabilité à long terme des conversions.
- Lever les freins réglementaires sur les préparations naturelles (purin d’ortie) et les semences paysannes (sélectionnées et multipliées localement à la ferme par les paysans).
Aux Agences de l’Eau
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Mettre en place des programmes régionaux ambitieux de reconquête de la qualité de l’eau, associant les groupements d'agriculteurs biologiques, les autres acteurs agricoles du territoire, les associations environnementales et les collectivités locales, basés sur :
> le soutien au développement massif de l’agriculture biologique sur des territoires pilotes ;
> la banalisation des techniques bio auprès de tous les agriculteurs. - Assurer que l’agriculture biologique bénéficie toujours d’aides supérieures à toute autre pratique : il est inadmissible que la simple réduction des engrais ou des pesticides soit souvent davantage financée que la pratique de l’agriculture bio.
À la FNSAFER (Sociétés d’Aménagement Foncier et d’Établissement Rural)
- Utiliser le droit de préemption « pour motifs environnementaux » au profit des installations en agriculture biologique : ces dernières doivent être prioritaires face à un agrandissement ou une installation conventionnelle.
- Intégrer un représentant du Groupements d’Agriculture Biologique (GAB) dans le Conseil d'Administration des SAFER départementales et informer obligatoirement les GAB de toute cession foncière à venir.
- Constituer de véritables réserves foncières.
- Télécharger les cartes pétitions :
Plus d’informations
AGIR POUR L ENVIRONNEMENT http://www.agirpourlenvironnement.org/campagne/developpons-l-agriculture-biologique
Premier réseau de magasins bio en France





