Défi bio

Un fonds d'investissement au service du développement de la filière bio

Filiale 100 % Biocoop, la société Défi Bio a constitué un fonds qui permet de financer ou de cautionner des actions de développement de nos partenaires professionnels : atelier de transformation, silo de stockage…

C’est un exemple concret du soutien que Biocoop marque aux producteurs dans un objectif de construction de filières pérennes.

Développer les filières biologique est un enjeu fondamental pour l'avenir de Biocoop

En 2008, nous avons fait un constat avec nos coopérateurs : pour poursuivre notre développement, nous avons besoin que les maillons de la production et de la transformation se développent en parallèle.
La capacité d’engagement et la bonne santé financière de notre réseau doivent faciliter l’investissement de nos partenaires en amont avec pour objectifs de moderniser les outils, mieux les organiser, planifier davantage et faciliter les conversions. En aval, il faut également aider les sociétaires magasins à mailler le territoire et favoriser la reprise de magasins.

Face au développement constant de la demande des consommateurs, la filière bio doit se moderniser, en particulier les outils de transformation qui sont souvent sous-dimensionnés ou obsolètes. Nous devons également prendre garde aux risques de délocalisation de la production ou de contractualisation avec des entreprises qui ne partagent pas notre éthique.

Le marché de la bio progresse, la fréquentation des magasins Biocoop croît mais que se passe-t-il en amont de la vente ? La filière française peine à offrir un nombre suffisant de produits de qualité et de proximité. C’est pourquoi il nous faut soutenir l’organisation de la production, la pertinence des outils de transformation (notamment les PME régionales) et la création de magasins.
Dans certains secteurs, la concentration est telle (notamment l’industrie laitière) que si nous ne soutenons pas des entreprises de taille moyenne, nous allons nous retrouver face à des mastodontes conventionnels qui ne feront pas grand cas de nos exigences qualitatives.
Au travers de Défibio, nous accompagnons nos partenaires, ceux qui partagent notre vision de la bio, nos exigences en termes de qualité du produit, d’origine des ingrédients mais aussi d’équité des relations commerciales et sociales. La force d’une chaine, c’est la solidité de chacun de ses maillons et il ne s’agit pas de construire un réseau de distribution « hors-sol », déconnecté de la production.

Claude Gruffat, Président

Un outil de capital-développement pour la filière bio

  • Date de naissance: 2008
  • Statut juridique : SAS dont le capital est détenu à 100 % par Biocoop.
  • Fonctionnement : Défibio intervient sous forme de capital et de compte courant d’associé, avec une période de blocage suivie d’une période de remboursement, le tout allant de 7 à 10 ans. Il s’agit donc d’investissements de moyen terme, orientés vers le co-développement et non vers le profit immédiat.
  • Validation des dossiers : ils sont validés par un comité d’engagement composé du Président, du Directeur Général de Biocoop, d’un gérant de magasin, de 2 représentants de la section agricole), le Directeur filières & produits, le Directeur développement et services magasins et le Directeur financier. Ce comité se réunit en moyenne tous les deux mois.

Au 1er janvier 2017, 2 millions d'euros ont été investis :

  • 1 millions d’euros sur 8 projets "amonts"
  • 1 millions d'euros sur 11 projets magasins

Ils proviennent pour moitié de fonds propres de la SA Biocoop, pour moitié d'un contrat de développement participatif d'OSEO (BPI)

Biocoop va lever une nouvelle enveloppe de 4 millions d'euros en faisant appel :

  • à ses sociétaires sous forme de parts "B"
  • à des institutions de l’Économie Sociale et Solidaire
  • à des partenaires
  • et si besoin à de nouveaux financements

Défibio, un partenaire financier éveillé

Lorsque Défibio investit dans une entreprise, il ne se comporte pas comme un « sleeping partner», c’est-à-dire un actionnaire minoritaire qui se désintéresse de l’activité de la société et se contente d’attendre le versement de dividendes. C’est tout le contraire de ce que
veut être Défibio qui se voit comme un « partenaire éveillé ».
Sans s’ingérer dans la direction de la société, Défibio veut participer à son évolution, en étant associé à ses orientations et en impliquant Biocoop, son réseau, ses différents services (achat, commerce, etc…) dans les projets de l’entreprise soutenue. C’est également un dialogue permanent avec le dirigeant sur des aspects commerciaux, d’organisation, de stratégie ou de finance.
Défibio, cheville financière du co-développement, doit également faciliter le lien amont/aval, en établissant une relation transparente et la plus synergique possible du champ à l’assiette.

L'Économie Sociale et Solidaire, un autre regard sur la finance

Classiquement, le capital social est considéré comme une ressource permanente de l'entreprise, la plus durable dans le long terme. Mais, depuis 30 ans, la financiarisation de l'économie a rendu l'investissement en capital d'une extrême volatilité. Ainsi, des automates boursiers achètent des milliers d'actions par secondes, et les vendent immédiatement. Cette stratégie spéculative se fonde sur une logique de loterie, ou sur des calculs de probabilité mais pas sur une valeur réelle des entreprises. Évidemment cela crée des bulles financières qui finissent par exploser, avec les dégâts sociaux que l'on connait.

Plusieurs acteurs de l'Économie Sociale et Solidaire ont proposé une pratique alternative de la finance, qui place cet outil au service de la société. Il s'agit de porter un regard neuf sur la notion de valeur en prenant en compte non le bénéfice à court terme amis les investissements bénéfiques sur le long terme pour l'ensemble de collectivité.

Jean-Pol Kerjean, directeur technique de Défibio

Ils ont bénéficié du soutien

En amont

  • Moderniser les outils de production

Joël Pichon, gérant de la SCOP Tossolia, transformateur de soja :
"Cet investissement de 80 000 € en compte courant d’associé nous a aidés à moderniser notre chaîne de production et à développer de nouveaux débouchés."

Thierry Le Villoux, président de BioDirect, groupement de producteurs de porcs bio :
"Membre de la section agricole de Biocoop, notre groupement a acquis en 2009 un outil de transformation qui nous permet d’approvisionner les magasins Biocoop en charcuterie et en
viande de porc biologique. Désormais 15 % de la production de nos éleveurs est transformée par cet outil qui leur appartient. Cela nous permet de mieux maitriser le circuit de commercialisation/transformation."

Georges Prost, gérant de Biogam, transformateurs de produits laitiers :
« En 2012, Défibio est intervenu dans une restructuration de Probiolac, Holding de Biogam. Il s’agissait notamment de moderniser l’atelier emmental pour fournir les magasins Biocoop.
En 2013, nous avons connu des difficultés économiques et Défibio a été présent pour nous apporter conseils et encouragements. Le plan de rétablissement est en cours. D’ores et déjà, Biogam est sortie de la zone périlleuse et c’est entre autre grâce à Défibio et à l’appui commercial de Biocoop. »

  • Accompagner la structuration de filières

Bruno Inquimbert, directeur de la Lémance, fromagerie :
« Pour limiter les volumes de lait de chèvre importés du nord de l’Europe, nous avons fait le choix d’implanter un second atelier dans la région de Cholet. Cela nous permet de réunir les acteurs locaux, notamment les producteurs pour structurer la filière et augmenter la collecte. Défibio intervient dans le financement de cet atelier, à la fois en capital et en compte courant d’associé. »

  • Faciliter la transmission d'entreprises dont les dirigeants arrivent à l'âge de la retraite

François Marchesseau, gérant d'Alisa, atelier de transformation de céréales "sans gluten" :
« Compte tenu de la croissance forte d’Alisa ces dernières années, nous devions investir dans une extension de notre atelier. Il fallait aussi donner une perspective à l’entreprise au-delà de mon départ en retraite prévu en 2017. C’est chose faite, avec l’entrée au capital de trois acteurs de la filière céréales bio : la coopérative CORAB, Défibio et Ekibio (groupe Léa Nature). Dans un premier temps, ils possèdent 49% du capital social puis à mon départ, nous avons convenu du rachat de mes parts.»

En aval

  • Favoriser la reprise de magasins en SCOP

Magasin Biocoop Bergerac Bio
"L’intervention de Défibio aux côtés du réseau des SCOP a permis la reprise du magasin par 6 salariés associés sous forme de SCOP depuis novembre 2014".

  • Accompagner l'installation de salariés de Biocoop SA

Stéphanie Guérin, gérante du magasin Biocoop La Pyramide, ouvert en mars 2015 en ancienne salariée de Biocoop SA
"Défibio ainsi que 3 anciens collègues salariés de Biocoop SA sont entrés au capital de ma SARL pour m’aider à financer mon installation. Grâce à l’utilisation de comptes-courants d’associés, je reste majoritaire dans le capital. J’apprécie leurs conseils et leur regard extérieur dans une période de démarrage où je dois être sur tous les fronts."

  • Favoriser l'implantation de magasins Biocoop dans les grandes métropoles

Jean-Benoît Langevin, gérant du magasin Biocoop le Quai des Halles à Strasbourg ouvert en juillet 2013 :
« Mon projet d’installation en centre-ville de Strasbourg manquait un peu de fonds propres, compte tenu des travaux nécessaires de réfection du local. Défibio m’a aidé à compléter le budget. Après quelques premiers mois difficiles, mon magasin a atteint fin 2014 son seuil de rentabilité. »

Guillaume Thao et Pierre-Emmanuel Morel, co-gérant du magasin Biocoop de Chatillon :
« Nouveaux porteurs de projets, issus du milieu bancaire, nous souhaitions créer un magasin Biocoop au Sud de Paris. Une opportunité de local s’est présentée sur la commune de Châtillon, sur un emplacement excellent. Le budget d’acquisition de l’immobilier et de réalisation de travaux de second oeuvre (1600 K€) nécessitait des apports externes. Défibio est entré dans le capital de la SCI via un montage financier spécifique. »