Biocoop et les OGM

Les OGM, c’est quoi exactement ?

Un OGM est un organisme vivant dont le matériel génétique a été modifié par l’introduction d’un ou plusieurs gènes étrangers, afin de lui conférer de nouvelles propriétés, comme la tolérance à un herbicide ou la production d’un insecticide.

Parmi les OGM agricoles commercialisés à ce jour dans le monde : 71 % sont des plantes tolérantes à un herbicide.
Par exemple : soja Round Up Ready® de Monsanto, modifié pour résister à la pulvérisation du Round Up®, un herbicide puissant contre les mauvaises herbes ; 18 % sont des plantes qui sécrètent un insecticide pour se protéger d’insectes nuisibles. Exemple : maïs Bt® de Monsanto, modifié pour produire une toxine Bt (issue de Bacillus thuringiensis) ciblée contre la pyrale, un papillon ravageur du maïs ; 11 % sont des plantes qui cumulent les deux caractéristiques.

Actuellement, seules quatre cultures OGM sont commercialisées dans le monde : le soja (60 %), le maïs (24 %), le coton (11 %) et le colza (5 %), dont les brevets sont majoritairement répartis entre quatre grandes entreprises multinationales (Monsanto, Syngenta, Bayer Crop-Science, Dupont-Pioneer).

Sources : Comité de Recherche et d’Information Indépendante sur le Génie Génétique (CRIIGEN) ; Greenpeace ; Le Monde selon Monsanto, Marie-Monique Robin. Éd. La Découverte, 2007

Pourquoi dire non aux OGM ?   

Pour protéger l’environnement
  • La culture des OGM induit des risques encore mal évalués :
  • Risques de dissémination volontaire ou accidentelle des OGM dans l'environnement et de croisement avec des plantes sauvages, donc de conséquences directes sur la biodiversité.
  • Risques de pollution : Les OGM tolérants aux herbicides n’ont pas été créés pour diminuer l’utilisation d’herbicides dans les champs… qui continuent ainsi de polluer les sols et les rivières.
  • Risques de perturbation des écosystèmes : Les OGM à l’action insecticide s’avèrent toxiques pour des insectes non ciblés (papillon monarque), tandis que les insectes ciblés développent des résistances.
  • Des traces de toxine Bt subsistent dans les sols et les eaux d’écoulement, risquant de contaminer la faune environnante.
  • Selon les experts, la dissémination des OGM dans les cultures non-OGM est inévitable, à cause des pollens transportés par le vent, les abeilles, l’eau ou encore des semences. Des mesures doivent être exigées pour limiter les contaminations : distances d’isolement suffisantes entre parcelles, nettoyage du matériel agricole, zones de stockage spécifiques, tests sur les récoltes…

Un surcoût QUI NE PEUT ET NE DOIT être supporté par les filières de productions non-OGM : application du principe « pollueur-payeur » !

Ce que fait Biocoop :

Biocoop n’est pas contre le progrès scientifique, ni la recherche biotechnologique en milieu confiné (sous serre ou en laboratoire) ! En revanche, Biocoop s’oppose aux expérimentations en plein champ et à la culture d’OGM qui représentent actuellement des risques non maîtrisés pour l’environnement et la santé.

Pour protéger nos agriculteurs

Les plantes OGM ont été conçues pour faciliter le travail des agriculteurs…

Qu’en est-il vraiment ?

  • Les cultures OGM n’empêchent pas la dépendance des agriculteurs aux pesticides et aux herbicides. La vente d’herbicides n’a cessé d’augmenter depuis l’introduction des plantes OGM.
  • À noter : les entreprises qui fabriquent les herbicides sont les mêmes qui mettent au point les OGM tolérants aux herbicides.
  • Les cultures OGM n’améliorent pas les rendements. Malgré une décennie de développement des OGM, aucun bilan n’a prouvé leur intérêt réel. Les rendements des OGM sont rarement supérieurs à ceux du conventionnel, voire très inférieurs quand les OGM sont inadaptés aux spécificités des terroirs*.
  • Les cultures OGM contraignent les agriculteurs à racheter des semences chaque année car les graines OGM sont brevetées et leur utilisation contrôlée**. Les agriculteurs sont privés de leur droit ancestral de re-semer une partie de leur récolte, une pratique pourtant essentielle afin d’améliorer naturellement la qualité des semences et leur adaptation aux conditions culturales locales.

* En Inde, des centaines de paysans ont connu des faillites dramatiques suite à la culture de coton transgénique ayant peu ou pas donné de récolte. Le Monde selon Monsanto, M.-M. Robin ; Rapport du Comité des Nations Unies sur les Droits Economiques, Sociaux et Culturels sur la situation agricole de l’Inde, mai 2008.
** Toute utilisation illégale de semences OGM (y compris la présence fortuite de graines dans une récolte conventionnelle) permet au semencier d’engager une action en justice. Le Monde selon Monsanto, M.-M. Robin

Ce que fait Biocoop :

Biocoop réalise des opérations commerciales de soutien aux faucheurs volontaires. Opération « Vin des Faucheurs »,  « Chips des faucheurs », DVD « The future of Food », etc.

Pour protéger nos assiettes
  • L’impact des OGM sur notre santé n’est pas clair du tout : aucune étude indépendante n’a démontré l’absence de risques sanitaires liés à la consommation d’OGM. Pourtant, aucun principe de précaution n’est appliqué…
  • Les OGM sont déjà dans nos assiettes ! En Europe, seuls quelques produits contiennent directement des OGM*. Mais nous en consommons indirectement à travers les productions animales (lait, viandes, œufs, poissons…) puisque les animaux d’élevage sont nourris au maïs, soja et colza OGM, importés en majorité d’Amérique du Nord ou du Sud.
  • En avril 2008, les instances de l’ONU** ont formellement conclu que les OGM n’étaient pas une solution pour faire face aux enjeux de sécurité alimentaire dans le monde. D’ailleurs, les plantes transgéniques actuelles (soja, maïs, colza, coton) ne sont pas destinées à alimenter les pays du Sud !

* Pour des informations précises sur les produits, consultez la liste établie par Greenpeace, ou devenez vous-même « Détective OGM » pour enrichir cette liste au fur-et-à-mesure. http://www.greenpeace.fr/detectivesOGM/
** Rapport final du comité d’experts de l’ONU et de la Banque mondiale sur l’Evaluation Internationale des Sciences et Technologies au Service du Développement, rendu public en avril 2008 à Johannesburg.

Ce que fait Biocoop :

Chez Biocoop, on ne veut pas d’OGM dans les produits ! Notre cahier des charges limite les risques de contamination :
• Origine française des produits à base de soja ; origine française ou espagnole du maïs en épis.
• Refus de produits contenant des ingrédients issus de maïs, colza, riz ou soja non bio (y compris lécithine et maltodextrine) et préférence donnée aux origines autres que le continent américain ou la Chine.
• Engagement des fournisseurs de maïs, colza, soja, riz et pollen à effectuer une analyse de risques OGM (seuil de recherche en laboratoire 0,01 %) au niveau des semences, du stockage, du transport et de la transformation.

Pour nos droits civiques

92,5 % des terres cultivées sur la planète sont exemptes d’OGM. Après plus de 10 ans de commercialisation, seules quatre plantes OGM sont cultivées de manière significative dans le monde : soja,
Depuis plus de 10 ans, l’engagement de Biocoop contre les OGM ne faiblit pas.
• Le réseau Biocoop soutient les pétitions anti-OGM et les campagnes d’actions menées auprès du gouvernement pour garantir une agriculture biologique sans OGM.
• Biocoop soutient le combat des faucheurs volontaires d’OGM pour leur rôle de lanceurs d’alerte. Certains acteurs du réseau ont témoigné en faveur des faucheurs lors de procès ou ont participé au fauchage de cultures OGM en plein champ.

Pour pérenniser le choix Bio

Étiquetage des produits « presque » sans OGM
Qu’il soit bio ou non, un produit est défini « sans OGM » s’il contient moins de 0,9 % d’ingrédients OGM. Toute présence d’OGM inférieure à ce seuil, volontaire ou fortuite, passe donc inaperçue auprès du consommateur ! Par ailleurs, il n’existe actuellement aucun étiquetage sur les produits d’élevage (bétail, volaille, poissons) nourris aux OGM.

Menace sur la Bio
Les OGM sont interdits en agriculture biologique. Ils le resteront dans le nouveau règlement européen de la Bio, mis en place dès le 1er janvier 2009. Cette obligation de moyens n’empêche pas les contaminations

extérieures possibles jusqu’au seuil de 0,9 %. Les agriculteurs en bio souhaitent obtenir un seuil plus restrictif de 0,1 %, seuil technique de quantification pour certains OGM. Mais il nécessite une stricte étanchéité des filières, loin d’être mise en place pour l’instant.

Les magasins Biocoop relayent l’information auprès des consommateurs : organisation de conférences, projection de films et soirées-débats, points de contact avec les réseaux anti- OGM et comités de soutien locaux. Renseignez-vous dans votre biocoop !

Des organismes pour s’informer :

Des outils pour mieux faire ses courses :

Des idées pour militer :
  • Proposer au maire de faire voter un arrêté municipal d’interdiction de la culture d’OGM sur sa commune (Modèle disponible sur www.resogm.org)
  • Sensibiliser le directeur(trice) d’école de ses enfants pour faire exclure les OGM à la cantine (Modèle disponible sur www.resogm.org)
  • Devenir « Détective OGM » avec Greenpeace et compléter le GUIDE des produits avec ou SANS OGM, http://www.greenpeace.org/france/detectivesOGM/
  • Distribuer les tracts des comités d’action, soutenir les faucheurs volontaires, participer aux conférences, sensibiliser son entourage au combat contre les OGM…